Un nombre non négligeable d’initiatives économiques à vocation sociale peuvent être répliquées sur de nouveaux territoires, faisant ainsi bénéficier de nouveaux entrepreneurs et de nouvelles régions de leur utilité et de leur impact.
L’entrepreneur social qui se trouve en situation de développer géographiquement son activité est ainsi confronté à des enjeux importants.
En effet, après avoir validé l’intérêt de dupliquer un concept qui a fait ses preuves, il doit répondre à un certain nombre de questions stratégiques :
- faut-il répliquer l’ensemble ou seulement une partie du projet d’origine ?
- comment prendre en compte les particularismes locaux ?
- quel degré de flexibilité et d’autonomie laisser aux porteurs de projets ?
De plus, comme tout entrepreneur, l’entrepreneur social s’interrogera sur les moyens de garantir la pérennité du projet, sur le rythme de croissance et les risques associés.
Une fois que la structure « fondatrice » a fait le choix de se développer, la mise en œuvre de ce développement devient la question principale. Plusieurs options s’offrent alors aux dirigeants, que l’on peut présenter schématiquement sous forme de « modèles de développement » :
- le développement par dissémination ;
- le développement par essaimage (souple ou franchisé) ;
- le développement centralisé.
Les quatre modèles en un coup d’œil
La description de ces différents modèles ne prétend ni à l’exhaustivité ni à l’universalité, toute modélisation comprenant nécessairement sa part de simplification. Elle est donc à considérer comme une grille d’analyse permettant de présenter la variété des choix stratégiques qui s’offrent aux dirigeants et de mettre en évidence les enjeux associés à chacun de ces choix.
Les critères retenus pour cette analyse permettent de qualifier chaque modèle et de les comparer :
- le critère « initiative » indique qui lance et porte le développement ;
- le critère « financement » décrit qui finance le développement ;
- le critère « liens juridiques et financiers » définit les relations sur ces deux aspects entre les structures ;
- le critère « gouvernance » décrit la structure de pouvoir et les chaînes décisionnelles au sein de l’ensemble des structures existantes ;
- le critère « évaluation et contrôle » précise la manière dont sont assurées l’évaluation et la qualité des actions au sein des différentes structures.
Développement
| Dissémination | Essaimage souple | Essaimage franchisé | Développement centralisé | |
|---|---|---|---|---|
| Initiative | Externe | Externe + structure fondatrice | Structure fondatrice + externe | Structure fondatrice |
| Source du financement | Local | Local | Local + structure fondatrice | Structure fondatrice + local |
| Portage humain | Libre | Validation des porteurs de projet par la structure fondatrice | Détection (éventuellement conjointe) et validation des porteurs de projet par la structure fondatrice | Recrutement par le siège |
Organisation
| Dissémination | Essaimage souple | Essaimage franchisé | Développement centralisé | |
|---|---|---|---|---|
| Fondements et outils communs | Uniquement des grands principes | Variables | Complets et précis | Complets et précis |
| Liens juridiques et financiers | Aucun | Variables | Contrats de franchise, autonomie financière des structures locales, contribution financière des franchisés au franchiseur | Unicité de structure ou détention majoritaire des capitaux par la structure fondatrice |
| Gouvernance | Pas de pouvoir de la structure fondatrice sur les autres | Pouvoir de la structure fondatrice comme émanation - non exclusive - des structures locales | Pouvoir dual : structure fondatrice garante du concept et de la marque, instance dirigeante locale | Hiérarchie du siège sur les antennes ou filiales |
| Evaluation et contrôle | Nuls | Limités | Moyens à forts | Forts |
Si cette présentation des différents modèles peut laisser penser qu’ils sont figés et exclusifs, la réalité est toute autre.
L’expérience montre, en effet, que les organisations à vocation sociale combinent parfois deux modèles différents, comme par exemple l’Adie.
De même, nombreuses sont celles qui changent souvent de modèle au cours de leur évolution ; c’est le cas, par exemple, du Réseau Cocagne.
Les frontières entre ces quatre modèles sont donc assez perméables : des montages juridiques et financiers divers aboutissent à des organisations complexes qui empruntent à différents modèles.
Enfin, des duplications plus légères, d’une partie seulement de l’activité de la structure d’origine, ou d’un produit ou service spécifiques, peuvent être envisagées.
Le développement par dissémination
Le développement par essaimage
Le développement centralisé
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