En quelques mots… une entreprise sociale est une entreprise qui produit des biens et des services au bénéfice d’une mission sociale, sociétale ou environnementale. Elle se distingue des autres entreprises par sa finalité et sa lucrativité limitée.
Initiative privée, intérêt général
Petite histoire de l’entrepreneuriat social
Initiative privée, intérêt général
La démarche d’un entrepreneur social se situe à la croisée des chemins : c’est une initiative privée (comme toute entreprise) mais cette initiative est mise au service de tous.
Entreprendre autrement, c’est utiliser les outils classiques de l’entrepreneur, en les mettant au service de l’intérêt collectif.
Qu’entend-on par intérêt collectif ? Un entrepreneur social met ses capacités entrepreneuriales au service d’un besoin social. C’est-à-dire qu’il tente, par son action, de répondre à un besoin social ou environnemental mal ou peu satisfait par le marché.
Quelques exemples de besoins sociaux auxquels une entreprise sociale peut répondre :
- Le vieillissement de la population
- L’accès au logement
- La prise en compte de l’environnement
- La lutte contre l’exclusion (chômage, pauvreté, handicap…)
- Les modes de consommation sains, durables
- L’accès aux soins, à la santé
- La qualité des emplois
- Le niveau et la qualité de vie
Voir des exemples dans la rubrique Portraits d’entrepreneurs sociaux.
Petite histoire de l’entrepreneuriat social
L’entrepreneuriat social est une notion jeune qui a émergé dans les années 1990 des deux côtés de l’Atlantique.
Aux États-Unis, la « Social Enterprise Initiative », programme de recherche et d’enseignement, est lancée en 1993 par la Harvard Business School. Cette pionnière a ensuite été suivie par d’autres grandes universités (Columbia, Yale, etc.) et diverses fondations qui mettent sur pied des programmes de formation et de soutien aux entrepreneurs sociaux.
En Europe, l’entrepreneuriat social a une tout autre origine. Cette notion fait son apparition au début des années 1990 au cœur même de l’économie sociale et de sa tradition coopérative, sous une impulsion d’abord italienne. En 1991, l’Italie crée en effet un statut spécifique de « coopératives sociales » qui se développent alors fortement, notamment pour répondre à des besoins non ou mal satisfaits par les services publics.
De nouvelles dynamiques entrepreneuriales à finalité sociale émergent à partir de cette période dans d’autres pays européens (Espagne, Belgique, Royaume-Uni, certains pays d’Europe centrale, Finlande, France…) :
- Création de nouveaux statuts (Italie, Belgique, Finlande, Portugal, France…)
- Mobilisation des pouvoirs publics (gouvernement en Angleterre, région Andalousie en Espagne…)
- Création de nouveaux dispositifs d’appui (incubateurs, fonds…)
- Apparition de nouveaux acteurs (Social Enterprise Coalition au Royaume-Uni, Mouvement des entrepreneurs sociaux en France…)
- Essor de secteurs dynamiques (environnement, insertion, services de proximité, équitable, bio…)
- Intérêt pour le sujet du système éducatif, des médias, d’institutions internationales comme l’OCDE.
Dans les pays en développement, cette notion connaît également un vrai succès, symbolisé par le prix Nobel de la Paix 2006 Mohamed Yunus, inventeur et fondateur de la Grameen Bank au Bangladesh (qui se définit lui-même comme un entrepreneur social). Celle-ci utilise le microcrédit pour créer des activités économiques considérées comme un moyen efficace de lutte contre la pauvreté. Des entreprises sociales et/ou communautaires se développent aussi en Amérique latine, soutenues, comme au Mexique, par des politiques et des financements publics.
En France, à l’image de ce qui se passe en Europe, le concept s’inscrit dans l’ESS (Économie Sociale et Solidaire), et notamment les initiatives qui ont émergé ces vingt dernières années : entreprises d’insertion, entreprises adaptées aux personnes handicapées, nouvelles formes de coopératives (Scic, coopératives d’activité et d’emploi), services aux personnes, activités liées aux champs de l’environnement et de la solidarité…
Pour aller plus loin, voir l’article Qu’est-ce que c’est, qu’est-ce que ce n’est pas ?

Innovation sociale : Des outils pour accélérer son (...)
23 mai : Business Plan Social, utile ou pas ?
















